Attention
cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Les produits décrits ici ne sont pas des médicaments. Pour toute question légale spécifique, adresse-toi à une personne spécialisée en droit suisse.
Oui, le CBD est légal en Suisse tant que le produit contient moins de 1% de THC total et qu’il n’est pas fabriqué à partir de chanvre à 1% de THC ou plus. Le cannabidiol (CBD) lui-même ne figure pas au tableau des stupéfiants : dans ce cadre, le CBD légal en Suisse est la règle, pas une tolérance.
Ensuite, c’est la catégorie de produit qui décide. Un produit n’est commercialisable que s’il respecte les règles de son usage prévu, pas celles de son nom. Les fleurs, le hash et les joints sont des produits à fumer à base de plantes, les e-liquides relèvent du droit des produits du tabac, et une huile de CBD légale est une huile aromatique ou un cosmétique. Les aliments avec CBD ajouté ne sont pas autorisés ; les graines et l’huile de graines de chanvre, si.
La culture, la vente, le passage de la frontière et la conduite obéissent à leurs propres règles, que nous résumons plus bas avant de renvoyer vers nos articles dédiés. Pour savoir si un produit est légal, tu poses donc deux questions, dans cet ordre : quelle est sa teneur en THC, et quelle catégorie s’applique ?.
Cadre légal et statut actuel du CBD en Suisse
En Suisse, ce n’est ni la plante ni la variété qui décide de la légalité, mais une valeur mesurée : la teneur en THC total. Le chanvre et le cannabis sont la même plante sur le plan botanique ; la loi fédérale sur les stupéfiants (LStup) trace la frontière à 1,0% de THC total, c’est-à-dire le tétrahydrocannabinol (THC) additionné de sa forme acide, le THCA [1]. Le cannabis légal en Suisse, au sens de la loi, est donc du chanvre à moins de 1% de THC.
Le cannabidiol (CBD), lui, n’est pas un stupéfiant : un produit au CBD est réglementé pour sa teneur en THC et pour sa catégorie, pas pour sa teneur en CBD. Pour le cannabis CBD en Suisse, le seuil mesure le THC, pas le CBD, et un taux de CBD élevé ne rend un produit ni plus ni moins légal

C’est sous ce seuil que commence la vraie question : quelle catégorie de produit s’applique. Les sections suivantes y répondent, d’abord pour le seuil lui-même, puis catégorie par catégorie. Pourquoi la loi traite si différemment les deux substances, notre article CBD vs THC : les différences l’explique en détail.
Le CBD est-il considéré comme une drogue en Suisse ?
Non, le CBD n’est pas considéré comme une drogue en Suisse : les plantes et produits de chanvre à moins de 1% de THC total ne relèvent pas de la définition du cannabis de la LStup [1]. C’est la règle normale, pas une tolérance, et elle repose sur trois repères :
- Seuil : moins de 1% de THC total
- Référence : THC plus THCA, dans la plante comme dans la matière de départ
- Base légale : LStup (RS 812.121) et ordonnance du DFI sur les tableaux des stupéfiants (OTStup-DFI, RS 812.121.11) [1, 2]
Le produit ne doit pas non plus être fabriqué à partir de chanvre à 1,0% de THC total ou plus : la matière de départ compte aussi, pas seulement le produit fini. Pour un CBD suisse, c’est donc le taux de THC qui fixe le statut. La détention et le commerce de ces produits ne demandent aucune autorisation au titre de la LStup, sans que tout produit devienne pour autant librement vendable : c’est le droit de la catégorie qui prend le relais.
Quel est le taux maximum de THC autorisé en Suisse ?
Le taux maximum de THC autorisé en Suisse se situe sous 1% de THC total, pour la plante comme pour le produit fini. Le THCA compte dans ce total, parce qu’il se transforme en THC à la chaleur (décarboxylation) : un produit présenté comme « riche en THCA » avec peu de THC n’est donc pas automatiquement sous le seuil. Un CBD avec des traces de THC reste légal tant que ce total reste inférieur à 1%. Le seuil européen applicable au chanvre n’est pas une limite pour les produits ; la comparaison se trouve dans la section consacrée au voyage.
À partir de 1% de THC : quand le chanvre devient un stupéfiant
À partir de 1,0% de THC total, le chanvre est un stupéfiant au sens de la LStup : sa culture, sa vente et sa détention sont interdites sans autorisation [1]. Le cannabis légal en Suisse s’arrête donc à ce seuil. Depuis le 1er août 2022, le cannabis à usage médical n’est plus interdit : les médecins peuvent le prescrire sans autorisation exceptionnelle de l’OFSP, et la culture, la fabrication et le commerce sont placés sous le contrôle de Swissmedic. Les autres exceptions sont les autorisations exceptionnelles de l’OFSP, par exemple pour la recherche, et les essais pilotes autorisés de remise de cannabis, limités dans le temps jusqu’en 2031. Les cannabinoïdes semi-synthétiques suivent leurs propres règles, présentées juste en dessous.
- Statut : stupéfiant, interdit sans autorisation
- Voie d’accès : ordonnance médicale, autorisation exceptionnelle de l’OFSP ou essai pilote autorisé
- Lieu de remise : pharmacie pour les médicaments, point de remise de l’essai pilote concerné
La légalisation du cannabis en Suisse n’est pas en vigueur en 2026 : une régulation du marché est en discussion politique. État en octobre 2026 : la consultation sur l’initiative parlementaire 20.473 est close, et en mai 2026 la commission de la santé du Conseil national a renvoyé le projet à sa sous-commission. Pour le CBD à moins de 1% de THC, le cadre actuel ne change pas.
HHC, THCA et autres cannabinoïdes : ce que couvre la loi
Le seuil de 1% n’est pas une échappatoire pour d’autres cannabinoïdes : qui cherche du HHC ne cherche pas, juridiquement, du CBD. L’acide tétrahydrocannabinolique (THCA) compte dans le THC total, puisqu’il devient du THC à la chaleur. L’hexahydrocannabinol (HHC) relève de la législation sur les stupéfiants depuis le 31 mars 2023, le HHCP, le THCP et le H4CBD depuis le 9 octobre 2023. Depuis le 5 novembre 2024, l’OTStup-DFI couvre en outre tout le groupe des dérivés du THC obtenus par synthèse, quelle que soit leur teneur en THC [2], et le Δ8-THC est de toute façon un stupéfiant en tant qu’isomère du THC. Les cannabinoïdes semi-synthétiques ne sont pas du CBD, et le nom sur l’emballage ne décide pas. uWeed ne vend aucune de ces substances.
Statut légal du CBD en Suisse : bases juridiques
Sous 1% de THC total, il n’y a plus une réponse unique : la législation du CBD en Suisse classe les produits selon leur usage prévu, pas selon leur nom. La réglementation du CBD en Suisse ne connaît donc pas une loi sur le CBD, mais une loi par catégorie de produit. Le même cannabidiol peut se trouver dans des catégories différentes, et le droit demande à quoi le produit est destiné. Chaque produit est classé au cas par cas selon sa composition, son usage prévu et sa présentation ; le vendeur indique l’usage et, en cas de doute, l’autorité tranche. Un produit qui ne respecte pas les règles de son usage ne peut pas être vendu.
Avec la catégorie changent la loi et l’autorité, comme le résume l’aide à l’exécution du groupe d’experts pour les questions de délimitation, qui réunit l’OFSP, l’OSAV, Swissmedic et les cantons [3]. Depuis le 1er octobre 2024, les produits à fumer et les cigarettes électroniques relèvent de la LPTab [4] et de l’OPTab [5], et non plus du droit alimentaire. L’OSAV est compétent pour les denrées alimentaires, les cosmétiques et les objets usuels, Swissmedic pour les médicaments, l’OFAG pour la culture et l’OFDF pour l’importation et l’exportation ; le contrôle sur le marché relève des autorités cantonales. D’où une question par catégorie dans la suite de cet article.
| Catégorie | Produits typiques | Base légale | Autorité |
|---|---|---|---|
| Produits à fumer à base de plantes | fleurs, hash, joints | LPTab (RS 818.32), OPTab (RS 818.321) [4, 5] | annonce à l’OFSP, exécution cantonale |
| Cigarettes électroniques et e-liquides | vapes, e-liquides, flacons de recharge | LPTab, OPTab [4, 5] | annonce à l’OFSP, exécution cantonale |
| Cosmétiques | crèmes, baumes, huiles pour la peau | ODAlOUs (RS 817.02), OCos (RS 817.023.31) [6, 7] | OSAV, chimistes cantonaux |
| Huile aromatique | huiles aromatiques et parfumées, dénaturées | droit des produits chimiques, OChim (RS 813.11) [8] | organe de réception des notifications des produits chimiques, services cantonaux |
| Denrées alimentaires | CBD ajouté non autorisé ; graines, huile de graines et tisane de feuilles de chanvre admises | ODAlOUs (RS 817.02) [6] | OSAV |
| Aliments pour animaux | extraits de CBD non admis | ordonnance sur les aliments pour animaux (RS 916.307) [9] | Agroscope |
| Médicaments | médicaments autorisés, préparations magistrales | LPTh (RS 812.21) [10] | Swissmedic |
Statut légal par catégorie de produits CBD en Suisse
Un CBD suisse légal sur le papier ne l’est pas pour autant sous toutes ses formes : la question « est-ce légal ? » se pose catégorie par catégorie, avec le même seuil mais des règles différentes. Voici la réponse pour chaque groupe de CBD légal en Suisse, dans cet ordre : fleurs et hash, e-liquides, huile, alimentaire, cosmétiques, graines et produits pour animaux.
Les fleurs, le hash et les joints CBD sont-ils légaux en Suisse ?
Oui, les fleurs de CBD sont légales en Suisse tant qu’elles restent sous 1% de THC total, mais elles ne sont pas un produit sans règles. Juridiquement, ce sont des produits à fumer à base de plantes : elles relèvent depuis le 1er octobre 2024 de la LPTab [4] et de l’OPTab [5], et non plus du droit alimentaire. Le CBD à fumer en Suisse est donc légal, mais encadré comme un produit du tabac sans en être un. Sur l’emballage, la loi exige :
- une dénomination avec la mention « à base de plantes, sans tabac » ;
- la mise en garde « Fumer ce produit nuit à votre santé » et une mise en garde combinée avec image ;
- pour le chanvre, la mention « Ce produit peut altérer votre capacité de conduire. Il est déconseillé de conduire après en avoir consommé » ;
- toutes les mises en garde en allemand, en français et en italien.
Depuis le 1er octobre 2025, seuls des produits ainsi étiquetés peuvent être fabriqués ou importés. Le fabricant ou l’importateur annonce le produit à l’OFSP dans l’année qui suit sa mise sur le marché, et l’autocontrôle incombe à chaque vendeur. La vente est réservée aux personnes de 18 ans et plus, en boutique, au kiosque, en station-service ou en ligne ; les cantons peuvent exiger une autorisation. La publicité vantant des bienfaits pour la santé est interdite.
Le hash, le pollen, les moonrocks, le trim, les joints pré-roulés et les cigarettes de chanvre appartiennent à la même catégorie : la forme ne change pas la catégorie, et une cigarette CBD en Suisse suit les mêmes règles qu’une fleur. Un hash CBD est légal lorsque la résine reste sous 1% de THC total et respecte les obligations des produits à fumer. Les variétés et leurs rapports d’analyse se trouvent dans notre sélection de fleurs de CBD légales en Suisse.
Les e-liquides et vapes CBD sont-ils légaux en Suisse ?
Oui, le CBD dans les e-liquides est permis en Suisse tant que le produit reste sous 1% de THC total. Les e-liquides et les vapes relèvent aussi de la LPTab, mais comme catégorie propre et non comme produits à fumer à base de plantes ; une cigarette électronique sans nicotine reste une cigarette électronique au sens de la loi [4]. Une vape au THC n’est en revanche pas commercialisable : à partir de 1% de THC, c’est un stupéfiant en Suisse, même si ce type de produit circule à l’étranger. Trois règles s’appliquent à toute cigarette électronique au CBD :
- Obligations : mise en garde « Ce produit peut nuire à votre santé » dans trois langues nationales, notice et annonce à l’OFSP par le fabricant ou l’importateur dans l’année qui suit la mise sur le marché ; les flacons de recharge portent en plus l’étiquetage du droit des produits chimiques. La mention de conduite des fleurs ne s’applique pas ici.
- Puffs jetables : le réservoir contient 2 ml au plus. Le Valais et Genève interdisent les cigarettes électroniques jetables, le droit cantonal réglant si les appareils sans nicotine sont visés ; une interdiction nationale a été demandée par le Parlement par voie de motion, mais elle exigerait une modification de la loi et n’est pas en vigueur.
- Âge : vente uniquement dès 18 ans.
Les limites de quantité et de concentration fixées par la loi pour le réservoir, le flacon de recharge et la nicotine sont formulées pour les produits nicotinés. Elles ne se transposent pas telles quelles aux e-liquides au CBD. Les e-liquides sans nicotine au cannabidiol sont réunis dans notre catégorie e-liquides CBD.
L’huile de CBD est-elle légale en Suisse ?
Oui, l’huile de CBD à moins de 1% de THC total est légale en Suisse, comme huile aromatique selon le droit des produits chimiques ou comme cosmétique destiné à la peau. Une huile n’est pas une catégorie juridique : c’est son usage prévu qui fixe son statut. Comme aliment, ou pour être ingérée, elle n’est pas autorisée ; la section sur l’alimentaire explique pourquoi.
Depuis 2022, les huiles aromatiques vendues aux consommateurs doivent être dénaturées, en vertu d’une décision de portée générale de l’organe de réception des notifications des produits chimiques du 29 mars 2022 [11]. Une huile proposée comme soin bucco-dentaire n’est pas un cosmétique conforme, et une huile proposée avec une intention d’ingestion et un effet attendu relève du droit des produits thérapeutiques. L’étiquette suit la classification, pas la qualité : elle ne dit rien de la teneur en cannabidiol. Les deux catégories légales se distinguent ainsi :
| Classification | Base légale | Mentions obligatoires | Forme d’usage |
|---|---|---|---|
| Huile aromatique | OChim [8], décision générale du 29 mars 2022 [11] | dénaturée ; étiquetage selon le droit des produits chimiques | huile aromatique ou parfumée, non destinée à l’ingestion |
| Cosmétique | ODAlOUs [6], OCos [7] | liste des ingrédients, personne responsable, lot, durabilité | application sur la peau |
Ce statut vaut pour la Suisse ; pour savoir si une huile de CBD est légale en France, c’est le droit français qui décide (voir la section sur le voyage). Sur l’emballage, la classification doit figurer sans ambiguïté. Les deux variantes, avec leur classification, se trouvent parmi nos huiles de CBD.
Les huiles de CBD sont-elles interdites en Suisse ?
Non, les huiles de CBD ne sont pas interdites en Suisse — mais elles ne peuvent pas être vendues comme complément alimentaire. Deux classifications seulement sont légales : produit chimique (avec obligation de dénaturation) et cosmétique (pour application externe). Ce qui est interdit, c’est la vente d’une huile au CBD destinée à être ingérée et toute allégation thérapeutique. Le CBD interdit en Suisse, ce n’est donc pas l’huile, mais un usage : l’huile aromatique dénaturée et l’huile cosmétique restent autorisées.
Peut-on manger ou boire du CBD en Suisse ?
Non, les aliments et les boissons avec CBD ajouté ne peuvent pas être vendus en Suisse ; le chanvre alimentaire, lui, est autorisé. Le CBD et les extraits de chanvre contenant du CBD sont des nouvelles sortes de denrées alimentaires (Novel Food) soumises à autorisation selon l’ODAlOUs, et aucune autorisation n’a été délivrée, ni en Suisse ni dans l’UE [6]. La Suisse applique pour cela son propre régime d’autorisation, sous la compétence de l’OSAV. Sont admises les graines, l’huile et la farine de graines de chanvre, ainsi que la tisane de feuilles de chanvre, avec des valeurs maximales de THC. L’OSAV signale en outre des lacunes dans les données disponibles sur le CBD. Le CBD alimentaire n’existe donc pas en Suisse, avec trois conséquences :
- Huile : une huile de CBD ne doit pas être destinée à l’ingestion ; les préparations orales de CBD n’existent que comme médicaments sur ordonnance.
- Tisane : la mention « contient du CBD » n’est pas admise sur un aliment, d’où le nom de tisane de chanvre.
- Confiseries : gummies, chocolat, pâtisseries et boissons avec CBD ajouté ne sont pas commercialisables comme aliments.
La voie alimentaire est fermée pour le cannabidiol, pas pour le chanvre comme plante. Une tisane de feuilles de chanvre se vend donc comme aliment, sans mention de CBD. Les infusions de chanvre se trouvent dans notre rayon tisanes de chanvre.
Les gummies au CBD sont-ils autorisés en Suisse ?
Non, les gummies au CBD et les autres confiseries avec CBD ajouté ne peuvent pas être vendus comme aliments en Suisse, parce que le CBD n’est pas autorisé comme nouvelle sorte de denrée alimentaire. Cette interdiction des gummies vaut aussi pour le chocolat, les pâtisseries et les boissons avec CBD ajouté, et dans l’UE non plus, le CBD n’est à ce jour pas autorisé comme aliment. Des CBD gummies en vente à l’étranger ne sont donc pas autorisés en Suisse pour autant, et les gummies au THC à partir de 1% sont des stupéfiants. uWeed ne vend pas d’edibles au CBD.
Les cosmétiques au CBD sont-ils légaux en Suisse ?
Oui, les cosmétiques au CBD sont légaux en Suisse s’ils respectent l’ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs, RS 817.02) et l’ordonnance du DFI sur les produits cosmétiques (OCos, RS 817.023.31) [6, 7]. La partie de la plante de chanvre dont provient l’extrait n’entre pas en ligne de compte. L’aide à l’exécution du groupe d’experts pour les questions de délimitation (version 8.0, valable dès le 1er mai 2025) le dit explicitement : pour la fabrication de CBD destiné à des produits cosmétiques, la partie de plante utilisée est sans importance [3]. Ce qui compte, c’est qu’aucun produit intermédiaire ne dépasse 1,0% de THC à aucun stade du processus de fabrication. L’autorité compétente pour les cosmétiques est l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), le contrôle relevant des cantons. Trois points rendent un cosmétique au CBD conforme :
- Rapport de sécurité : le fabricant documente dans le dossier d’information sur le produit que le CBD utilisé est sûr ; au-delà du repère scientifique de 0,19% de CBD, le rapport de sécurité doit le justifier.
- Étiquette : liste des ingrédients selon INCI, nom et adresse de la personne responsable, numéro de lot, durabilité, fonction et mises en garde.
- Allégations : toute indication d’un effet curatif, apaisant ou préventif est interdite sur un cosmétique (art. 47 al. 3 ODAlOUs).
Un cosmétique se décrit par sa fonction cosmétique, jamais par un état de peau. Une huile pour la peau peut ainsi être présentée comme huile de soin ou de massage, avec sa liste d’ingrédients. Les crèmes, baumes et huiles pour la peau se trouvent dans notre rayon cosmétiques au CBD.
Les graines de CBD sont-elles légales en Suisse ?
Oui, les graines de CBD sont légales en Suisse lorsqu’elles proviennent de variétés qui restent sous 1% de THC total : pour les graines, ce n’est pas la graine qui décide, mais la plante qui en sort. Les graines destinées à des plantes à 1% de THC total ou plus sont elles-mêmes des stupéfiants interdits ; la teneur en THC de la graine ne compte pas, c’est la variété qui compte.
Il n’existe plus de droit des semences propre au chanvre depuis 2021. Les graines de CBD sont faites pour cultiver, pas pour manger, et ne sont pas des graines alimentaires, qui obéissent à leurs propres valeurs maximales de THC. Les variétés destinées à la culture se trouvent parmi nos graines de CBD.
Le CBD pour animaux est-il autorisé en Suisse ?
Non, les huiles de CBD à donner aux animaux ne peuvent pas être vendues en Suisse : les extraits de CBD ne sont pas admis comme additifs pour aliments pour animaux, ni en Suisse ni dans l’UE [9]. Pour les animaux, ni le droit cosmétique ni le droit alimentaire ne s’appliquent ; Agroscope contrôle les aliments pour animaux et Swissmedic les médicaments vétérinaires. Deux règles séparent ce qui est admis de ce qui ne l’est pas :
- Aliments pour animaux : sont admis les graines, l’huile, le tourteau, la farine et les fibres de chanvre de variétés à moins de 0,2% de THC ; les feuilles et les fleurs sont exclues depuis 2023.
- Médicaments vétérinaires : un produit présenté avec une allégation thérapeutique est un médicament vétérinaire et doit être autorisé par Swissmedic.
uWeed ne vend plus de produits au CBD pour animaux.
Aspects pratiques du CBD légal en Suisse
Jusqu’ici, il était question du produit en rayon ; à partir d’ici, de tout ce qu’on veut en faire. Acheter, l’âge minimum, vendre, cultiver, fumer dehors, passer la frontière et prendre le volant : pour le CBD en Suisse, presque chaque étape a ses propres règles, et ce que prévoit la loi suisse sur le CBD change de l’une à l’autre. En plus du droit fédéral, des règles cantonales s’ajoutent souvent, du rayon jusqu’à la route.
Où acheter du CBD légal en Suisse ?
Tu peux acheter du CBD légal en Suisse en boutique, au kiosque, en station-service et en ligne : légal, c’est un produit, pas un lieu. Acheter du cannabis en Suisse en toute légalité signifie donc acheter du chanvre à moins de 1% de THC total, et les produits à fumer comme les e-liquides ne sont vendus qu’à partir de 18 ans. Un produit correctement déclaré se reconnaît à son emballage :
- la catégorie et l’usage indiqué, par exemple « non destiné à l’ingestion » ou « pour application sur la peau » ;
- le nom et l’adresse du fabricant ou de l’importateur ;
- les mises en garde obligatoires sur les produits à fumer ;
- la liste des ingrédients sur les cosmétiques ;
- un rapport d’analyse récent indiquant la teneur en THC.
Chez uWeed, nous publions le rapport d’analyse sur la fiche produit lorsque la marque en fournit un ; quand une marque n’en fournit pas, nous l’indiquons. Le rapport se rapporte au lot analysé et indique sa teneur en THC total. Pour commander du CBD en Suisse, toutes les catégories sont réunies dans la boutique uWeed.
À partir de quel âge peut-on acheter du CBD en Suisse ?
Tu peux acheter des fleurs, du hash, des joints, des vapes et des e-liquides au CBD à partir de 18 ans : depuis le 1er octobre 2024, leur vente aux mineurs est interdite dans toute la Suisse, y compris en ligne [4]. Le point de vente doit afficher l’interdiction de remise aux mineurs, et les automates ne sont admis que si les mineurs n’y ont pas accès. L’âge minimum dépend de la catégorie : pour les huiles et les cosmétiques, il n’existe pas d’âge minimum fédéral. Certains cantons vont plus loin, comme le Tessin, où la remise de produits de chanvre aux mineurs est interdite de manière générale.
Peut-on vendre du CBD en Suisse ?
Oui, tu peux vendre du CBD en Suisse : pour des produits à moins de 1% de THC, la vente n’est pas soumise à autorisation fédérale. Certains cantons, comme le Tessin et Vaud, exigent toutefois une autorisation cantonale pour le commerce de détail de produits de chanvre. Les obligations suivent la catégorie :
- Produits à fumer et e-liquides : étiquetage, mises en garde, annonce à l’OFSP par le fabricant ou l’importateur, vente dès 18 ans, restrictions publicitaires.
- Cosmétiques : dossier d’information sur le produit avec rapport de sécurité, et déclaration.
- Huiles aromatiques : dénaturation et étiquetage selon le droit des produits chimiques.
- Autocontrôle : il incombe à tout vendeur, commerçant compris, et pas seulement à la marque.
Il n’existe pas d’obligation générale de présenter un certificat d’analyse pour chaque produit, mais l’autocontrôle exige de pouvoir prouver la conformité. Chez uWeed, nous collectons, vérifions et publions les rapports d’analyse de tiers : ce sont les laboratoires qui testent, pas nous.
A-t-on le droit de cultiver du CBD en Suisse ?
Oui, tu as le droit de cultiver du chanvre en Suisse tant que la plante reste sous 1% de THC total [1]. La loi ne fixe aucun nombre de plants, mais une plante à 1% de THC total ou plus est un stupéfiant, même seule sur un balcon, et sa culture reste interdite. Plusieurs cantons, dont le Tessin, demandent en plus une annonce : tu trouves le détail, du balcon au champ, dans notre article sur ce que dit la loi sur la culture du cannabis et chanvre CBD en Suisse.
Quatre points s’appliquent :
- C’est la teneur en THC total de la plante qui compte ; les graines et boutures destinées à des plantes à 1% ou plus sont elles-mêmes interdites (voir la section sur les graines).
- Pour la culture agricole s’appliquent le droit phytosanitaire et le droit des paiements directs de l’OFAG ; depuis 2021, il n’y a plus de droit des semences pour le chanvre.
- Plusieurs cantons exigent une annonce, parfois à partir d’un certain nombre de plantes ; au Tessin, une annonce annuelle est demandée.
- Il n’existe pas d’exception privée au seuil de THC, pas même pour quelques plantes sur un balcon.
Les obligations d’annonce cantonales s’appliquent que la culture ait lieu au jardin, en plein champ ou en intérieur.
Peut-on fumer du CBD dans la rue en Suisse ?
Oui, tu peux fumer du CBD dans la rue en Suisse : aucune loi fédérale n’interdit de fumer du CBD en plein air, mais les cantons et les communes peuvent le restreindre. Fumer du CBD en public est en revanche interdit à l’intérieur : depuis le 1er octobre 2024, la loi fédérale sur la protection contre le tabagisme passif interdit de fumer des fleurs de CBD, comme le tabac, dans les espaces fermés accessibles au public et sur les lieux de travail, et il en va de même pour les cigarettes électroniques [12]. Fumer du CBD chez soi n’est pas visé par cette loi.
Bien que le CBD ne soit pas considéré comme une drogue, sa fumée peut être confondue avec celle du cannabis illégal, ce qui peut entraîner des contrôles policiers. Lors d’un contrôle, les fleurs de CBD ne se distinguent pas à l’œil du cannabis au THC : les tests rapides mesurent le THC, et c’est une analyse de laboratoire qui établit la teneur. L’emballage d’origine avec sa déclaration peut faciliter la classification, sans constituer une garantie.
Voyager avec du CBD : importation, exportation et frontières
Un produit légal en Suisse ne l’est pas automatiquement de l’autre côté : le droit suisse s’arrête à la frontière, et dans le pays de destination, c’est son droit qui s’applique. Le seuil suisse de 1% n’y vaut pas. Qui importe des produits au CBD en Suisse à titre commercial doit prouver une teneur de moins de 1% de THC total par un certificat d’analyse spécifique au lot, établi par un laboratoire accrédité selon ISO/IEC 17025 ou par un laboratoire BPF ; il n’existe pas d’attestation de Swissmedic pour ces produits. L’OFSP recommande aux vendeurs d’informer leur clientèle du risque de poursuites à l’étranger. Les repères :
- Preuve à l’importation commerciale : certificat d’analyse spécifique au lot, THC total inférieur à 1%
- Compétence : Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF), pour l’importation et l’exportation
- Date de vérification du tableau : 20.08.2026
La différence ne tient pas qu’au seuil de THC, mais aussi à son application : la Suisse fait respecter la classification produit, alors que plusieurs marchés de l’UE tolèrent dans les faits la vente d’huiles de CBD comme compléments alimentaires en l’absence d’autorisation comme nouvel aliment. Le seuil européen applicable au chanvre industriel en culture est de 0,3% depuis le 1er janvier 2023 (règlement (UE) 2021/2115) ; les sources plus anciennes qui indiquent 0,2% sont dépassées.
Comparaison des taux de THC autorisés en Suisse et en Europe
| Pays | Limite | S’applique à | Base légale |
|---|---|---|---|
| Suisse | 1% | THC total dans le produit fini | LStup (RS 812.121), OTStup-DFI (RS 812.121.11) |
| République tchèque | 1% | Définition du chanvre technique ; en pratique aussi aux produits dérivés | Zákon č. 167/1998 Sb., § 2 al. 1 let. g, depuis 2022 |
| France | 0,3% | La variété et les extraits ainsi que les produits qui les intègrent | Arrêté du 30 décembre 2021 ; Conseil d’État, 29.12.2022, n° 444887 — annulation de l’interdiction de vente des fleurs |
| Allemagne | 0,3% | Définition du chanvre industriel, pas une teneur maximale pour les produits finis | KCanG § 1. La vente de fleurs de CBD aux consommateurs reste néanmoins problématique. |
| Italie | 0,2% en culture, tolérance analytique de 0,6% | La culture ; la vente de fleurs relève d’un régime distinct | Legge 242/2016. L’interdiction de vente des fleurs issue de la legge 80/2025 est suspendue depuis l’ordonnance du Consiglio di Stato du 12.11.2025 ; une procédure est pendante devant la CJUE. |
| Espagne | aucune limite légale pour les produits finis | La culture suit le seuil européen de 0,3% | Aucun texte national ne fixe de limite pour les produits finis. Les 0,2% souvent cités ne sont pas une limite légale. |
| Pays-Bas | aucune limite légale | La culture suit le seuil européen de 0,3% | L’Opiumwet ne fixe aucun pourcentage de THC pour les produits CBD. Le chiffre de 0,05% largement repris est une tolérance d’application, pas une loi. |
| Luxembourg | aucune limite nationale | La culture suit le seuil européen de 0,3% | Cadre européen. Les denrées alimentaires contenant du CBD restent interdites sans autorisation Novel Food. |
Les seuils et les compétences évoluent. Ce tableau a été vérifié pour la dernière fois le 20.08.2026 sur la base des sources citées. Il ne remplace pas un renseignement auprès des autorités du pays de destination.
Puis-je acheter du CBD suisse depuis la France ?
Ce n’est pas le droit suisse qui décide : si tu achètes du CBD suisse depuis la France, c’est le droit français qui s’applique à la réception du colis. À la date de vérification du tableau, la France admet le chanvre et ses extraits à 0,3% de THC au plus, pour la variété comme pour les produits qui les intègrent. Un CBD suisse légal en France doit donc respecter ce seuil, et un produit conforme en Suisse à moins de 1% de THC ne l’est pas automatiquement de l’autre côté. Le tableau ci-dessus résume les seuils des pays voisins.
Est-il légal de conduire en Suisse après avoir consommé du CBD ?
Conduire après avoir consommé du CBD n’est légal que si aucun THC n’est mesuré dans ton sang : sur la route, la Suisse applique une tolérance zéro pour le THC. Conduire avec du THC dans le sang vaut incapacité de conduire, indépendamment d’une altération réelle ; la valeur de mesure est de 1,5 microgramme de THC par litre de sang complet selon l’art. 2 al. 2 let. a OCR [13], mesurée selon l’art. 34 OOCCR-OFROU [14]. Le Tribunal fédéral a confirmé cette règle en 2021 [15], et la conséquence habituelle est un retrait de permis d’au moins trois mois selon l’art. 16c LCR [16]. Le test cherche le THC, pas le CBD, et les produits full spectrum contiennent des traces de THC : c’est pourquoi les produits à fumer au chanvre portent la mention de conduite citée plus haut. Ce que cela implique en pratique, notre article CBD et conduite en Suisse l’explique en détail.
Tests de dépistage : on cherche le THC, pas le CBD
Les tests de dépistage cherchent le THC, pas le CBD. Les produits full spectrum contiennent des traces de THC sous 1%, et ce sont précisément ces traces qu’un test peut détecter ; un résultat positif ne dit pas si le THC provient d’un produit au CBD légal. La fiabilité d’un résultat dépend de la méthode de test utilisée. Pour savoir combien de temps le THC reste dans le corps selon le type de test, un article dédié fait le point.
Questions fréquentes sur la législation du CBD en Suisse
« Le CBD est-il légal ? » trouve sa réponse dans les sections ci-dessus. Voici trois questions qu’on confond souvent sur la législation du CBD en Suisse, chacune avec une réponse lisible seule.
Depuis quand le CBD est-il légal en Suisse ?
Le CBD n’a jamais eu besoin d’être légalisé en Suisse : le cannabidiol n’est pas un stupéfiant et ne figure pas au tableau des stupéfiants de l’OTStup-DFI [2]. Pour les produits de chanvre, ce qui compte, c’est le seuil de 1% de THC total fixé par cette ordonnance. Les évolutions récentes ont surtout touché les catégories de produits, par exemple les règles applicables aux produits à fumer et aux cigarettes électroniques depuis le 1er octobre 2024, et non la substance.
Le CBD est-il interdit quelque part en Suisse ?
Non, il n’existe pas d’interdiction générale du CBD en Suisse : les restrictions visent un lieu ou une catégorie, pas la substance. Ne sont pas autorisés les aliments avec CBD ajouté, les vapes au THC et, dans certains cantons, les puffs jetables ; le CBD n’est interdit sous forme d’huile que comme aliment. Dans les espaces fermés accessibles au public et sur les lieux de travail, fumer du CBD est interdit comme le tabac, et les cantons peuvent être plus stricts. Bars, hôtels, employeurs ou bailleurs peuvent interdire la consommation chez eux, même si le produit est légal. Les interdictions de fumer près des écoles ou des places de jeux sont souvent réglées au niveau cantonal ou communal. Pour la rue et les contrôles de police, la réponse se trouve plus haut, sous « Peut-on fumer du CBD dans la rue en Suisse ? ».
Le cannabidiol est-il autorisé comme médicament ?
Oui, comme composant de médicaments autorisés : Swissmedic a autorisé deux médicaments à base de cannabis, Epidyolex et Sativex, et les pharmacies préparent aussi des formules magistrales sur ordonnance médicale. Un produit au CBD présenté avec un but médical est un médicament et doit être autorisé selon la LPTh [10]. Les produits au CBD en vente libre ne sont pas des médicaments : l’administration fédérale n’accorde d’autorisation au cannabidiol que dans ces préparations.
En résumé : ce qui est autorisé en Suisse et ce qui ne l’est pas
En Suisse, le CBD est légal quand deux questions reçoivent un oui, dans cet ordre. D’abord le THC : le produit contient-il moins de 1% de THC total, sans avoir été fabriqué à partir de chanvre plus riche ? Ensuite la catégorie : respecte-t-il les règles de sa catégorie de produit ? Comme produit à fumer, e-liquide, huile aromatique ou cosmétique, oui ; comme aliment ou aliment pour animaux, non. Pour la culture et la vente, certains cantons ajoutent leurs propres obligations d’annonce et d’autorisation.
Sources et bases légales sur le CBD en Suisse
Les sources ci-dessous sont numérotées dans l’ordre où l’article les cite ; état des sources : octobre 2026.
- Loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes (LStup), RS 812.121
- Ordonnance du DFI sur les tableaux des stupéfiants (OTStup-DFI), RS 812.121.11 — seuil de THC total, HHC et dérivés du THC
- Groupe d’experts pour les questions de délimitation (OFSP, OSAV, Swissmedic, cantons) : aide à l’exécution sur les produits contenant du cannabidiol (CBD) et d’autres cannabinoïdes, version 8.0, valable dès le 1er mai 2025
- Loi fédérale sur les produits du tabac et les cigarettes électroniques (LPTab), RS 818.32
- Ordonnance sur les produits du tabac et les cigarettes électroniques (OPTab), RS 818.321
- Ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs), RS 817.02 — art. 47 al. 3 (cosmétiques), nouvelles sortes de denrées alimentaires
- Ordonnance du DFI sur les produits cosmétiques (OCos), RS 817.023.31
- Ordonnance sur les produits chimiques (OChim), RS 813.11
- Ordonnance sur les aliments pour animaux (OSALA), RS 916.307
- Loi sur les produits thérapeutiques (LPTh), RS 812.21
- Décision de portée générale de l’organe de réception des notifications des produits chimiques du 29 mars 2022, FF 2022 736
- Loi fédérale sur la protection contre le tabagisme passif, RS 818.31 — art. 2 al. 1, art. 4
- Ordonnance sur les règles de la circulation routière (OCR), RS 741.11 — art. 2 al. 2 let. a
- Ordonnance de l’OFROU concernant l’ordonnance sur le contrôle de la circulation routière (OOCCR-OFROU), RS 741.013.1 — art. 34
- ATF 147 IV 439, arrêt 6B_282/2021 du Tribunal fédéral du 23 juin 2021
- Loi fédérale sur la circulation routière (LCR), RS 741.01 — art. 16c
